Communion pascale


Par l'évêque Théophane le Reclus

 Gloire à toi, Seigneur ! Quelle belle journée pour nous ! Que de communiants I Réjouissez-vous, âmes bienheureuses ! Le Seigneur est en vous ! Il est en vous, car il l'a dit lui-même : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui » (Joa., VI, 56). Réjouissons-nous d'une joie commune à tous. Je crois qu'il n'y a pas de famille où il n'y ait pas de communiant. Il n'y a donc pas de maison qui soit privée d'une particulière visite de Dieu.

Ainsi, toute notre Ville est devenue maintenant une demeure de Dieu, et non seulement notre ville, mais aussi toute autre cité, toute la Russie, le monde orthodoxe tout entier. Actuellement chez le Seigneur c'est la Cène. Il exulte avec les âmes. Il est tout en tous, comme une source de- bienfaits et comme le maître des cœurs. L’essentiel de ce règne qu'il a fondé sur la terre, c'est de mettre tous les hommes sur le bon chemin en les remplissant de sa personne, en leur inspirant la conscience du devoir, en leur donnant des forces, en les encourageant dans les labeurs. Que le Seigneur lui-même nous aide ã ne jamais perdre son habitation en nous ! Alors, dirigés par lui, nous marcherons tous avec assurance sur le chemin du salut, selon les desseins éternels qu'il a sur nous.

Tous nos soucis, mes frères, doivent tendre à réaliser ces desseins. Le Seigneur est en nous ! Faisons ce qui dépend de nous pour le garder toujours en nous. Lui-même est une communication. Il est venu en ce monde précisément pour être en tous. Et il ne nous quitterait jamais ; mais que doit-il faire, si en sa présence nous commençons à nous comporter de telle sorte qu'il ne peut plus rester en nous ?

Les jours précédents nous avons purifié et orné l’appartement de notre cœur, pour y recevoir le Seigneur. Maintenant l'hôte céleste et le visiteur de nos âmes est descendu chez nous. Tâchons de lui procurer du repos et de la joie, laissons-le agir en nous.

Nous avons mis de l'ordre dans nos occupations domestiques, que cet ordre soit une perpétuelle loi de notre vie. Ajoutons encore ceci : évitons la dissipation des pensées, ne permettons pas à l’affectivité de nous troubler, ne cédons pas aux passions. Avec grande attention et un ardent désir, gardons l'entrée de notre cœur, où se trouve le Seigneur, écartons en tout cas ce qui peut troubler son repos, et il reposera en nous.

 Extrait du livre : ECRITS D’ASCETES RUSSES  ( -Namur, Soleil Levant, 1957, p.140)

"De la pénitence, de la sainte communion et de l’amendement de la vie", est un recueil de sermons prononcés durant le carême. Ce texte est un extrait d'un sermon de Jeudi Saint