Le repentir selon le Père Sophrony - Conditions du repentir

« Conditions » du repentir

 

[…] rares sont les hommes qui saisissent par l’intuition de leur cœur la vraie nature du péché. Habituellement, ils se situent au niveau de la morale humaine. (Voir Dieu tel qu’Il est, p. 50).

 

Percevoir notre condition pitoyable est un don céleste, un des plus grands. Cela implique que […] nous ayons déjà pénétré dans la sphère divine et ayons commencé à contempler — existentiellement et non philosophiquement — l’homme tel qu’il est selon le plan de Dieu dès avant la création du monde. (Sa vie est la mienne, p. 48).

 

Foi dans la divinité du Dieu personnel

La grâce du repentir est accordée à celui qui reçoit avec une foi entière la parole du Christ disant que si nous ne croyons pas à sa divinité et à l’absolue vérité de tout ce qu’Il nous a commandé, le mystère du péché ne se dévoilera pas pour nous dans sa profondeur ontologique, et nous « mourrons dans nos péchés » (cf. Jn 8, 21 et 24). (Voir Dieu tel qu’Il est, p. 24).

 

La notion de péché n’est possible que si Dieu est considéré comme Hypostase absolue. De même, se repentir du péché n’est possible et approprié que là où existe une relation personnelle. (Sa vie est la mienne, p. 49).

 

Obéissance aux commandements du Christ

Une autre voie pour connaître le péché consiste à se placer sous le jugement de la Parole divine. Par un examen lucide de son état intérieur, l’esprit de l’homme se convainc qu’il ne garde pas les commandements ; et c’est pourquoi il fait pénitence. Pour que cette voie le rapproche du but recherché, il est indispensable d’étudier avec zèle la loi du Seigneur. (Voir Dieu tel qu’Il est, p. 51).

 

L’observation des commandements du Seigneur a normalement pour effet de nous faire subir une extrême diminution, c’est-à-dire une kénose ; si nous ne reconnaissons pas sincèrement que, dans notre état de chute, nous sommes en vérité une engeance de l’enfer, nous n’atteindrons jamais à la plénitude du repentir. (Voir Dieu tel qu’Il est, p. 90).

 

Le don de la grâce du Saint-Esprit

Seule la Lumière incréée descendant sur nous par la foi en la divinité de Jésus-Christ nous permet de reconnaître l’essence métaphysique de l’orgueil. La grâce du Saint-Esprit éclaire le cœur de l’homme, et il découvre au-dedans de lui-même la présence d’une tumeur maligne qui le conduit à la mort. (Voir Dieu tel qu’Il est, p. 36).

 

Déceler le péché en nous est un acte spirituel impossible sans la grâce, sans que la Lumière divine s’approche de nous. (Sa vie est la mienne, p. 47).

 

Nous pouvons assurément souffrir dans notre situation présente ; nous pouvons même sentir légèrement et comme de loin le Feu divin et, par là, nous repentir dans la mesure de notre compréhension. Mais un tout autre repentir — total celui-là — s’empare avec force de tout notre être lorsque la Lumière incréée nous permet de voir notre enfer intérieur, et en même temps, de ressentir la sainteté du Dieu vivant. (Voir Dieu tel qu’Il est, p. 53).

 

Dans la mesure où l’Être absolu se révèle à nous, nous ressentons toujours plus vivement notre néant et notre impureté. Cette vision est effrayante. (Voir Dieu tel qu’Il est, p. 22).

 

Quiconque éprouve un repentir réel et profond ne recherchera pas de contemplations sublimes ; il est entièrement absorbé par la lutte contre le péché, contre les passions. (Voir Dieu tel qu’Il est, p. 51).